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Le partage et le don: les personnes bienveillantes progressent plus vite

par Susanne Barth, sur Nov 24, 2020 8:58:25 AM

Adam Grant est naturellement généreux. Il passe plusieurs soirs par semaine à répondre à des centaines d’e-mails de personnes lui demandant conseil. Adam est convaincu que donner est à l’origine de sa réussite, et il a certainement raison quand on sait qu’à l’âge de 37 ans, il est le plus jeune et le plus estimé des professeurs de management titulaires à la célèbre Wharton School, ainsi qu’un universitaire très productif dans la psychologie organisationnelle.

Adam a provoqué une effervescence médiatique avec son livre “Give and Take: a revolutionary approach to success”. Ce qu’il a appris de plusieurs recherches et études de cas personnels pourrait renverser nos idées sur le succès et la carrière. Selon lui, ce ne sont pas les personnes les plus coriaces qui atteignent le plus souvent le sommet de l’échelle hiérarchique, mais les personnes bienveillantes, celles qui sont généreuses et serviables. 

Un prêté pour un rendu

Adam distingue trois profils de professionnels : les donneurs, les échangeurs et les preneurs, et a démontré que ces comportements ont une influence sur le succès. Un donneur rend service sans rien attendre en retour. Il établit un lien entre les personnes, guide et conseille. Les preneurs sont tout le contraire. Ils agissent uniquement dans leur propre intérêt et n’aident les autres que s’ils en tirent un avantage direct. La plupart des professionnels sont des échangeurs et se comportent de manière généreuse s’il y a une chance d’avoir quelque chose en retour.

Dans ses recherches, Adam a constaté que ce sont principalement des donneurs qui se trouvent en bas des échelons de carrière. Ils constituent le « paillasson », ont une faible productivité ou ne s’épuisent pas au travail. Au milieu, les preneurs et échangeurs sont répartis de façon relativement égale. En haut de l’échelle, cependant, on retrouve essentiellement des donneurs, qui s’imposent en tant que leaders. Cela signifie que les personnes les plus généreuses progressent en premier. Comment se fait-il qu’aider ne soit pas l’ennemi de la productivité ou une distraction chronophage qui nous empêche de faire correctement notre travail ?

Dans son étude, Adam a comparé le chiffre d’affaires de centaines de vendeurs travaillant pour une chaîne d’opticiens américaine. Le but des commerciaux « preneurs » était de faire autant de profit que possible. En revanche, les donneurs voulaient être utiles. Ils écoutaient, essayaient de comprendre les attentes des clients, pour finalement proposer une offre adéquate. À la fin de l’année, leurs chiffres d’affaires étaient bien meilleurs.

Les donneurs se soucient de ce dont les autres ont besoin et de la manière dont ils peuvent les aider. Ils partagent leurs connaissances, leur énergie et leurs relations, et c’est pourquoi ils réussissent si bien. Ils constituent un réseau de contacts et de liens qui jettent des ponts entre les différents mondes et les différentes idées. Donner est un cycle qui ne se base pas sur la réciprocité directe. En d’autres termes, je donne et un jour, je rencontrerai quelqu’un qui pourra me mettre en relation avec un important partenaire commercial ou une nouvelle possibilité de carrière.

Donner rend les entreprises plus productives

Dans son article « In the company of givers and takers », Adam affirme que le succès d’une organisation dépend de la générosité de ses employés, et que les organisations ont tout intérêt à encourager le don car les véritables atouts qui permettent à une entreprise de réussir, tels que la collaboration, l’innovation et des services de qualité, ne sont pas possibles sans la volonté d’aider les autres. Il cite une analyse de Nathan Podsakoff, dont l’équipe à l’Université d’Arizona a examiné 38 études sur le comportement dans l’entreprise et a constaté que des taux plus élevés de don engendraient une rentabilité, une productivité et une satisfaction client supérieures, mais aussi des coûts et un taux de rotation du personnel plus bas.

Alors pourquoi l’altruisme n’est-il pas encore la règle dans les organisations ? Les psychologues ont démontré que la plupart des gens aiment donner et partager avec des proches comme leurs amis, leurs compagnes/compagnons et leurs familles. Adam Grant souligne que, alors que les leaders perçoivent l’intérêt du comportement généreux et souhaitent le voir appliqué dans leurs équipes, les employés peuvent avoir des doutes. Le système de récompense au sein des entreprises est focalisé sur les performances individuelles et encourage les gens à se soucier d’eux-mêmes en priorité. Par exemple, une personne reçoit une promotion alors que d’autres tout aussi bien n’en reçoivent pas ; les meilleurs vendeurs ont les primes les plus élevées, et, dans les systèmes d’évaluation des performances, une personne doit obtenir le meilleur et une autre le pire. Les employés rivalisent donc entre eux et cela les empêche de soutenir les efforts des collègues.

Les donneurs qui réussissent sont stratégiques 

Ainsi, que peuvent faire les managers pour encourager davantage de générosité, et comment peuvent-ils éviter que les employés qui donnent se fassent exploiter par ceux qui prennent et négligent leurs propres responsabilités ? Le premier conseil d’Adam est de mieux faire comprendre à tous les employés ce qu’est la générosité, et ce qu’elle n’est pas. Donner de la bonne manière signifie penser aux autres tout en ayant une vision claire de nos propres priorités avant tout. Les donneurs qui réussissent le mieux se préoccupent beaucoup des autres, mais également d’eux-mêmes, et ils agissent de manière stratégique. Selon Adam, ils donnent à d’autres donneurs et échangeurs afin que leur travail ait l’effet maximal souhaité, et sont vigilants lorsqu’il s’agit de donner à des preneurs. Autrement dit, ils donnent de manière à renforcer leurs relations.

Ainsi, si vous voulez créer une culture de générosité qui attire plus de donneurs que de preneurs dans votre organisation, jetez un œil aux conseils d’Adam afin de faire en sorte que le "don" ne se fasse pas aux dépens de ceux qui donnent :

1. Concentrez-vous sur les preneurs en proposant des mesures incitatives qui leur donnent envie de collaborer. Établissez des conséquences s’ils refusent des requêtes raisonnables.

2. Aidez les donneurs à agir avec plus de prudence concernant leurs élans altruistes. Demandez-leur de fixer des limites pour éviter que leur productivité n’en souffre et
assurez-vous qu’ils s’accordent des moments pour travailler de manière ininterrompue.

3. Suscitez des types de dons qui correspondent à l’expertise et aux compétences spécifiques des employés. Le don sera plus durable si les requêtes sont en adéquation avec les intérêts des employés, de sorte que les individus ne demandent pas au donneur toutes sortes de requêtes différentes. Lorsque l’aide est basée sur la maîtrise et le choix personnel, elle donne plus d’énergie qu’elle n’en prend.

4. Concernant les négociations, les employés empathiques accordent souvent trop d’importance aux sentiments des autres. Cela peut être un piège car ils s’inquiètent des autres au détriment de leurs propres intérêts. Apprenez-leur à considérer le point de vue des autres en plus de leurs propres sentiments, afin d’aboutir à une entente parfaitement équitable.

5. Encouragez la création d’un réseau de donneurs. Cela permettra aux employés de satisfaire des requêtes sans avoir à en prendre la charge totale seuls.

 
Quelle est la philosophie de Krauthammmer sur le don et le partage ?  En fournissant et en recevant des remarques honnêtes à intervalles réguliers, les managers et les employés peuvent contribuer au développement personnel de chacun. L’encadrement et le mentorat au sein de l’entreprise, en encourageant les individus à être productifs, à atteindre leurs objectifs et à se sentir bien, sont un autre concept que nous suivons. L’Université de Krauthammer, où nous nous réunissons deux fois par an, met l’accent sur le partage des connaissances, le développement commun et la création de synergies à travers l’entreprise et avec les clients.

 

Les sources :
Is giving the secret of getting ahead?
Adam Grant: Give and Take, a revolutionary approach to success, Viking Adult, April 2013
Adam Grant: In the company of givers and takers, Harvard Business Review, April 2013

les sujets:Leadership & Management articles

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